Les émotions sont l’interaction entre les pensées et les sensations physiques ; pour de nombreuses personnes, elles sont synonymes de peur, car elles ne savent pas comment les gérer et optent pour des stratégies, comme s’adonner à d’autres activités pour éviter d’affronter le problème.

Les émotions sont courageuses, car elles offrent une récompense, mais seulement si nous sommes capables de les gérer efficacement ; grâce à elles, nous pouvons apprendre beaucoup sur nous-mêmes et sur nos besoins, car elles nous aident à nous mettre en phase avec les autres et à obtenir de grands succès ; par exemple, savoir contrôler le stress améliore grandement votre qualité de vie, car vous aurez un système immunitaire sain, vous tomberez moins souvent malade et vous aurez des relations beaucoup plus saines.

À quoi sert une émotion ?

Qu’il s’agisse de la joie, de la tristesse, de la colère, du dégoût, de la surprise ou de la peur, ce n’est pas l’émotion qui pose problème mais l’incapacité que de la maîtriser. Elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi, c’est ce qu’elle engendre qui peut créer la souffrance.

Les émotions sont donc utiles au quotidien puisqu’elles nous permettent de nous protéger et de vivre en société. Cependant, nous avons trop tendance à vouloir les contrôler ou les refouler voir même dans certains cas à vouloir ne rien ressentir du tout.

Accueillir l’émotion en toute bienveillance

Personne n’aime souffrir. Cependant, en voulant enterrer au plus profond de soi ses émotions, elles ressortent à un moment ou un autre de façon tout à fait anarchique.

  • Pour éviter les explosions incontrôlables, plusieurs exercices sont possibles 
  • Accepter et embrasser ses émotions de façon consciente sans lutter 
  • Observer les manifestations physiques et les pensées qui y sont associées 
  • S’autoriser à les exprimer seul ou envers une personne de confiance pour mieux laisser échapper la tension 
  • S’interroger sur ce qui a pu déclencher l’émotion et la façon de la gérer 
  • Essayer de s’améliorer à chaque fois pour utiliser l’émotion à son avantage

Si un travail avec un professionnel de santé, comme un psychologue, n’est pas possible, l’écriture ou l’activité physique peuvent être des alternatives à l’expression des émotions.

Comment identifier les émotions ?

Pour identifier les émotions, la première chose à faire est de savoir ce que vous ressentez et de choisir parmi quatre sentiments de base : la colère, la tristesse, la joie et l’anxiété.

Si vous avez des pensées concernant l’avenir, avec des sensations physiques négatives telles qu’un pouls accéléré, des muscles et une mâchoire contractés et que vous demandez de quoi vous avez peur. Il s’agit d’une émotion liée à l’anxiété.

Si vous avez des pensées négatives sur le passé et que vous vous sentez fatigué et lourd, que vous avez envie de pleurer et avec des difficultés de concentration tout en se demandant ce que vous avez perdu. C’est une émotion liée à la tristesse.

Si vous avez des pensées qui se concentrent sur la façon dont vous ou vos valeurs ont été sapées, si vous avez des sensations physiques semblables à l’anxiété, à l’accélération du cœur et à l’oppression de la poitrine, vous vous demandez comment vos valeurs ont été attaquées. Il s’agit d’une émotion liée à la colère.

Si vous avez des pensées qui se concentrent sur ce que vous avez gagné et que vous êtes rempli d’un sentiment de calme, peut-être même de rire, vous vous demandez ce que vous avez accompli. Il s’agit d’une émotion liée au bonheur.

Comment gérer les émotions ?

Une fois que vous avez reconnu et compris vos émotions, ainsi que celles de votre entourage, vous devez garder à l’esprit les points suivants afin d’apprendre à les gérer :

  • Essayez de déterminer et de comprendre l’origine de ces sentiments, soit dans vos propres réponses, soit dans celles de vos prédécesseurs.
  • Parlez de vos sentiments et de ceux de la personne en face de vous ; n’essayez pas de les nier ou de les réprimer, parlez directement de ce que vous ressentez à ce moment-là
  • Exprimez vos sentiments de manière non conflictuelle, en utilisant des messages tels que « je suis en colère parce que… » au lieu de « tu m’as mis en colère parce que… » ; expliquez vos sentiments sans accuser qui que ce soit, car si vous choisissez le second message, vous concentrerez le blâme sur la personne en face de vous, ce qui l’amènera à donner une réponse défensive ou hostile
  • Reconnaissez les sentiments de ceux qui sont en face de vous comme légitimes, car ils sont aussi réels et valables que les vôtres ; de plus, c’est une façon de libérer ces sentiments et de traiter le problème en profondeur
  • Ne réagissez pas aux explosions émotionnelles, essayez de contrôler vos sentiments ; vous devez écouter et comprendre la force des sentiments de ceux qui vous parlent, mais ne réagissez pas émotionnellement aux vôtres, car une escalade d’émotions et, par conséquent, un conflit de l’ensemble risque de se produire
  • Essayez de rester calme et, si nécessaire, quittez temporairement la pièce dans laquelle vous vous trouvez, pour réfléchir et vous calmer et, ainsi, planifier une réponse efficace au lieu de réagir automatiquement, ce qui peut aggraver la situation.
  • Utilisez des gestes symboliques, tels que des excuses, et même des poignées de main, car ils peuvent être très utiles pour exprimer le respect et éteindre les émotions négatives

Dans les conflits hautement émotionnels, choisissez un mécanisme de résolution des conflits qui traite directement les émotions, comme les processus de dialogue.

Ne pas étouffer ses émotions

Certains réagissent par exemple en essayant d’étouffer leurs émotions comme on visse un couvercle sur une marmite en ébullition. Ils cherchent à enterrer en eux-mêmes leurs mouvements de joie, de peur, de tristesse, de colère.

Une psychiatre raconte ainsi dans son livre voir beaucoup de jeunes ultrasensibles se « barricader » pour cacher une blessure : Kevin, par exemple, fume entre 7 et 10 joints par jour. « Les adultes qui l’entourent croient qu’il est insensible et perdu dans son monde », écrit le professionnel, mais en réalité, « il se protège en fumant ». De quoi ? Son père s’est suicidé quand il était petit. Sa mère a eu un cancer. Il a été élevé par des grands-parents angoissés. Il se protège de cette angoisse en fumant.

Mais ces protections ne règlent rien et risquent même d’aggraver le mal. Tôt ou tard, l’émotion rentrée peut resurgir. « Les défenses, explique Sophie Braun, se manifestent souvent par des réactions excessives, des colères, des énervements que l’on ne reconnaît pas, comme un animal blessé qui donnerait un coup de patte pour éloigner un agresseur ».

Analyser et exprimer ses émotions

Que faire alors de toutes ces émotions qui nous font mal ? Commencer, peut-être, par les identifier. « Les émotions, nous ne devrions pas en avoir aussi peur », dit Sophie Braun qui conseille plutôt « d’examiner et de panser ce qui nous tourmente ».

Au quotidien, on peut prendre du recul et s’interroger : pourquoi est-on si énervée ce matin ? Pourquoi ce sentiment d’agressivité lorsque on voie telle personne ? Pourquoi est-on si ému quand on va dans ce lieu ? D’où vient cette tristesse ?

L’idéal est bien sûr de pouvoir exprimer tout cela à quelqu’un : une personne proche, un ami, un psy. Exprimer son émotion permet déjà de laisser échapper la tension retenue sous le couvercle de la marmite.

Cela permet aussi de mieux se connaître et de comprendre ce qui nous habite. La peur, la tristesse et des sentiments mal vécus très souvent venus de l’enfance et de l’adolescence continuent d’agir parce qu’ils sont stockés dans nos logiciels affectifs.

Dans sa thérapie de la « Dynamique émotionnelle », le psychiatre propose donc de faire surgir ces émotions : « reconnaître et retrouver celles qui ont été bloquées ou hypertrophiées dans notre passé et parvenir à les exprimer pleinement, c’est rendre nouveau, vivant, mobile et évolutif notre univers intérieur », explique-t-il.

Ne pas se laisser envahir, mettre des limites

Une autre piste pour gérer notamment la peur et l’agressivité est d’apprendre à se faire respecter par les autres. Chacun de nous a besoin d’un minimum de sécurité intérieure et d’un espace de liberté pour se développer et être heureux.

Si l’on vous harcèle, que l’on vous menace ou vous agresse, il est donc important de dire stop, de rappeler à l’autre qu’il va trop loin. Ne cherchez pas à être « gentil », soyez vrai (c’est le titre d’un livre) ! Car si vous n’osez jamais dire à votre voisin que quelque chose vous déplaît, vous aller accumuler le ressentiment et le déverser sur vos proches qui n’y sont pour rien. Ou bien vous exploserez un jour violemment, au grand désarroi de votre entourage. « On confond l’agressivité, qui est naturelle, avec la violence ».

Mettre des limites, c’est aussi savoir rester à sa place, ne pas absorber les émotions des autres comme une éponge. Une experte rappelle ainsi aux jeunes qu’ils n’ont pas à prendre sur eux les soucis de leurs parents. À chacun sa place ! « Si les autres vont mal, aller mal avec eux ne sert à rien », dit-elle.

Les émotions ne sont pas tout !

Le fait de prendre du recul, d’analyser et d’exprimer nos émotions permet aussi de les remettre à leur place : les émotions ne sont pas tout. Il y a en nous bien d’autres dimensions et potentialités : l’intelligence et la raison, la volonté, la vie relationnelle, le corps, les choix éthiques. Nous sommes corps, cœur et esprit.

C’est pourquoi on ne peut pas se laisser guider uniquement par ses émotions. Vous pouvez ressentir une forte colère contre votre patron ou votre prof, et avoir envie de lui sauter à la gorge, mais est-ce une bonne idée ?

On peut aussi se laisser emporter par la tristesse, le ressentiment, l’enthousiasme, l’émotion amoureuse, la nostalgie, etc. Les résultats ne sont pas toujours brillants : coups de colère, coups de gueule, coups de cafard, coups de foudre, coups de folie, nous amènent souvent là où nous ne voulions pas aller.

On pourrait comparer nos émotions à des courants profonds ou plus superficiels qui entraînent un bateau.

Un navigateur avisé sait qu’il doit tenir compte de ces courants, mais qu’il ne peut se laisser totalement porter par eux au risque de dériver et de perdre totalement son cap.

Il doit mettre une quille et hisser des voiles pour rester maître de son itinéraire et utiliser au mieux les vents favorables.

De même pour nous : tout en tenant compte de nos émotions, il nous faut agir et avancer dans la vie en gardant en tête nos objectifs, en exerçant notre volonté et notre intelligence.

Les émotions et la vie relationnelle

Cette bonne « gestion » des émotions est capitale dans nos relations avec les autres. Ces relations peuvent être sources de nombreuses émotions, positives ou négatives.

Celui ou celle qui ne laisse jamais transparaître ou n’exprime jamais aucune émotion risque d’avoir des difficultés à entrer en contact profond et satisfaisant. Mais inversement, celui qui réagit « au quart de tour » et renvoie sur les autres la moindre émotion, risque d’agresser inutilement ses proches et de provoquer des conflits et des malentendus douloureux.

En matière amoureuse, les émotions peuvent être très fortes : mais peuvent-elles être le seul critère dans le choix amoureux ? Les émotions peuvent être fugitives, et restent différentes d’un sentiment qui est une attirance affective plus stable et plus durable.

En un mot, si votre cœur bat dès que votre voisin vous regarde, ce n’est pas forcément pour cela qu’il faut tout plaquer pour partir avec lui !