Un cancer est une prolifération anarchique de cellules anormales au sein d’un ou plusieurs tissus de l’organisme et entraînant leur destruction. Le rôle de l’alimentation dans le développement du cancer est complexe. On sait aujourd’hui que certains aliments anti-cancer peuvent protéger l’organisme du cancer et que d’autres favorisent l’apparition de cellules précancéreuses. L’alimentation spéciale cancer vise à intégrer tous les nutriments qui peuvent aider l’organisme à limiter la croissance des cellules cancéreuses.

Les points essentiels du régime spécial cancer :

-Limiter les aliments riches en sucre et en graisses saturées.
-Consommer plus de fibres alimentaires.
-Avoir une alimentation riche en fruits et légumes.
-Eviter l’excès de viandes rouges et de charcuteries.
-Diminuer la consommation d’alcool.

Bienfaits du régime riche en aliments anti-cancer

Le régime spécial cancer a de nombreux bienfaits, il permet de :

-Atteindre et maintenir un poids santé.
-Prévenir la survenue du cancer et éviter les récidives.
-Armer l’organisme pour mieux se défendre face au cancer.
-Mieux supporter les traitements administrés (chimiothérapie, radiothérapie, etc.).
-Compenser les dépenses de l’organisme liées à la lutte contre la maladie.
En aucun cas les recommandations qui suivent ne doivent remplacer les traitements médicaux contre le cancer. L’alimentation représente une arme de plus contre le cancer, et non la seule arme contre cette maladie.

Le rôle de l’alimentation dans le développement du cancer est complexe. Certains aliments regorgent de molécules anti-cancer dont la consommation quotidienne limiterait la croissance des cellules précancéreuses. Il semble clair qu’aucun aliment ou supplément ne serait à lui seul capable de protéger du cancer. Il faut plutôt miser sur une grande variété de molécules anti-cancer, consommées en grande quantité et de manière constante. Il faut aussi limiter les aliments pro-cancérigène ou ceux qui créent un milieu propice à la formation du cancer. La prévention du cancer est donc possible jusque dans une certaine mesure. En 2007, le Fonds mondial de recherche sur le cancer (FMRC) publiait un rapport comprenant 10 recommandations pour prévenir le cancer. Ce rapport est issu de la plus grande étude jamais réalisée sur le lien entre les habitudes de vie et le cancer. Pendant 5 ans, 500 000 études ont été évaluées, de même que les facteurs de risque pour 17 types de cancers. Les recommandations proviennent de 21 experts émérites qui ont collaboré avec 234 oncologues.

L’importance d’atteindre un poids santé pour prévenir le cancer

La toute première des recommandations est d’atteindre un poids santé pour prévenir le cancer. Pourtant, quel défi d’être mince dans une société de surabondance alimentaire. Des preuves solides révèlent que l’excès de gras augmente de façon importante le risque des cancers suivants : œsophage, pancréas, reins, endomètre, sein (chez les femmes ménopausées) et colorectal. Le surpoids et l’obésité augmentent aussi le risque de cancer de la vésicule biliaire.Les femmes qui souhaitent avoir des enfants devraient avoir un poids santé avant de tomber enceintes et éviter de prendre ou de perdre trop de poids durant leur grossesse.

Comment l’excès de gras augmente-t-il le risque de cancer?

Les adipocytes (cellules graisseuses), surtout autour de la taille, contribuent à la production d’hormones de croissance qui, dans des quantités élevées, augmentent le risque de cancer. Les adipocytes peuvent également libérer des hormones, comme l’œstrogène, qui augmentent aussi le risque de certains cancers, notamment le cancer du sein. Avoir un poids santé, mais encore plus important, avoir un tour de taille santé peut réduire le risque de cancer. Calculez votre indice de masse corporelle (IMC) et mesurez votre tour de taille.

Pour connaître les stratégies pour perdre du poids, consultez les fiches Problèmes de poids – obésité et embonpoint : prendre de nouvelles habitudes de vie et Recommandations alimentaires et menus pour maigrir.

Tumeurs, cancer du sein et alimentation : recommandations alimentaires

Parmi les recommandations établies pour prévenir le cancer on préconise l’activité physique et l’allaitement. On retrouve aussi de nombreux conseils spécifiques à l’alimentation. Les recommandations alimentaires suivantes concernent autant les personnes qui souhaitent prévenir le cancer que celles qui en sont atteintes ou qui souhaitent éviter une récidive. Voici comment les appliquer au quotidien.

Les aliments anti-cancer

Les aliments anti-cancer sont ceux qui on un effet positif sur le développement des cellules cancéreuses. En général, cet effet positif est lié à leur teneur intéressante en molécules protectrices pour l’organisme. Ainsi les fruits et légumes, les céréales complètes et les légumineuses devraient être consommés en quantité importante. D’autres aliments comme le curcuma, le thé ou le cacao ont, eux aussi, toute leur place pour lutter contre le cancer ou prévenir son apparition.

Fruits et légumes

On recommande de consommer au moins 5 portions (150 g minimum) de légumes et de fruits variés par jour. Les fruits et légumes contiennent de grandes quantités de substances phytochimiques, dont plusieurs antioxydants. Le lien entre la consommation de fruits et légumes et la prévention des cancers est bien établi : réduction des risques de cancer du poumon, de la bouche, du pharynx, d’œsophage, de l’estomac, du sein, du côlon et du rectum. Dans un programme alimentaire de prévention du cancer, il est donc essentiel de mettre l’accent sur les fruits et légumes. Les légumes féculents (pomme de terre, patate douce, maïs, banane) ne doivent pas être comptabilisés dans les 5 portions de fruits et légumes, mais ils ne sont pas à éviter pour autant.

Une portion de fruits et légumes équivaut à :

1 bol de salade
1 tomate
1/2 concombre
250 g de légumes verts cuits
1 compote de pomme
1 verre de jus 100% pur jus fait maison
1 pomme, orange ou poire
200 g de fraises
10 cerises
2 clémentines, 2 kiwis, etc.
Parmi tous les fruits et légumes que l’on trouve sur le marché, certains possèdent de plus grandes propriétés anti-cancer que d’autres et méritent qu’on leur attribue une place de choix dans nos menus quotidiens. Ce sont les fruits rouges, les agrumes, les crucifères, les alliacés et la tomate.

Fruits rouges : Les bleuets, les framboises, les mûres, les fraises et les cranberrys sont les meilleurs antioxydants que l’on puisse trouver, car ils contiennent l’une ou l’autre des trois molécules anti-cancer (l’acide ellagique, les anthocyanidines et les proanthocyanidines). À noter que les jus de bleuet ou de cranberrys contiennent beaucoup moins de molécules anti-cancer que les fruits entiers. Les cerises, les pommes, les prunes et les raisins rouges ont aussi un grand pouvoir antioxydant.
Agrumes : L’orange, le pamplemousse, le citron et la mandarine peuvent aussi contribuer à prévenir les cancers, surtout ceux qui touchent le système digestif : bouche, larynx, pharynx, œsophage et estomac. Reconnus pour leur richesse en vitamine C, les agrumes contiennent plusieurs autres composés chimiques bénéfiques. Dans une orange, on en retrouve près de 200 différents – et c’est beaucoup plus savoureux qu’un comprimé de vitamine C ! Les principes actifs des agrumes sont les polyphénols et les terpènes. La consommation d’agrumes, peu importe sous quelle forme, est une excellente façon d’ajouter des aliments anti-cancer à son alimentation.
Les crucifères (choux) : Depuis plusieurs années, les crucifères sont reconnues comme des aliments pouvant prévenir les cancers, surtout ceux du côlon, du rectum, de la vessie, du sein, du poumon, de l’estomac et de la prostate. Cette famille de végétaux comprend le chou vert, le chou rouge, le brocoli, les choux de Bruxelles, le chou chinois, le chou frisé, le chou de Savoie, le chou cavalier et le navet. L’effet protecteur des crucifères vient, entre autres, de leur contenu élevé en glucosinolates et de la capacité de ces derniers à libérer 2 classes de composés à très forte activité anticancéreuse : les indoles et les isothiocynates, selon le livre Les aliments contre le cancer de Richard Béliveau et Denis Gingras. Afin de profiter au maximum des propriétés anticancer des crucifères, 3 conditions doivent être respectées : les consommer cru ou très légèrement cuits, ne pas les cuire à l’eau et bien les mastiquer. Parmi toutes les crucifères, le brocoli remporte la palme parce qu’il est la meilleure source de sulforaphane, le plus puissant des isothiocynates. Le suforaphane aurait le pouvoir d’encourager l’organisme à se débarrasser des substances toxiques qui peuvent induire le cancer. Il pourrait même tuer les cellules cancéreuses, d’après Richard Béliveau et Denis Gingras, chercheurs à l’Hôpital Sainte-Justine, à Montréal.
Ail, oignon, poireau (alliacés) : Les légumes de la famille des alliacées pourraient prévenir le cancer de l’estomac et de la prostate. Leur pouvoir anti-cancer provient des composés sulfurés qu’ils contiennent (allicine, thiosulfinate, thiosulfonates, monosulfures, disulfures et trisulfures). Ces molécules sont responsables de leur arôme et de leur goût caractéristique. Il est préférable de consommer l’ail frais plutôt que des suppléments d’ail, puisque la teneur en allicine de ces derniers n’est pas assurée. De plus, l’ail frais apporte beaucoup de saveur aux plats.
Tomate : Les propriétés anti-cancer de la tomate proviennent du lycopène qu’elle renferme. Le lycopène fait partie de la grande famille des caroténoïdes, la classe d’antioxydants qui donnent aux fruits et aux légumes leurs couleurs caractéristiques : orange, jaune et rouge. Les sauces à base de tomate et de pâte de tomate sont les sources les plus concentrées de lycopène, car la cuisson de la tomate augmente la biodisponibilité du lycopène, tandis que les matières grasses améliorent son absorption. Une sauce à la tomate faite avec de l’huile d’olive, par exemple, est une excellente façon d’augmenter son apport en lycopène, ce qui ne veut pas dire qu’il faut arrêter de consommer des tomates crues! Un apport élevé en lycopène serait particulièrement important pour prévenir le cancer de la prostate.

Légumineuses et céréales complètes

Les céréales complètes et les légumineuses contiennent des fibres alimentaires et ont une densité énergétique faible. Elles rassasient donc davantage, ce qui contribue à maintenir un poids santé. Le Fonds mondial de recherche sur le cancer recommande de consommer 25 g de fibres alimentaires par jour pour prévenir le cancer. En consommant à chaque repas des céréales entières ou des légumineuses, en plus des 5 portions de fruits et légumes, il est relativement simple d’atteindre 25 g de fibres par jour. Les féculents raffinés comme le pain blanc sont dépourvus de fibres et sont à limiter.

De même, n’hésitez pas à mettre des légumineuses au menu. Elles sont très riches en fibres et en protéines et ont un index glycémique bas. Les légumineuses remplacent donc très avantageusement la viande et sont très économiques. Une quantité de 200 g de légumineuses cuites correspond à une portion de viande (100 g).

Curcuma et poivre

Le curcuma, à ne pas confondre avec le cari dont il n’est qu’une composante, provient du broyage du rhizome séché de la plante Curcuma longa, qui fait partie de la famille du gingembre. Le curcuma est l’une des composantes de la médecine traditionnelle ayurvédique en Inde. Des chercheurs estiment qu’il pourrait jouer un rôle important dans l’écart impressionnant entre le nombre de certains cancers en Inde par rapport aux pays occidentaux. La curcumine, le principe actif du curcuma, possède diverses propriétés, incluant des propriétés antithrombotiques, hypocholestérolémiantes, antioxydantes, de même qu’un très fort pouvoir anti-cancer. La biodisponibilité de la curcumine est faible, mais elle est grandement augmentée par la présence de poivre.

Thé et cacao

Le thé vert est beaucoup plus qu’une simple boisson chaude : c’est un véritable remède. De nombreux chercheurs reconnaissent aujourd’hui ses propriétés anticancéreuses.

Le thé noir et le thé vert proviennent de la plante Camelia sinensis. C’est seulement leur traitement après récolte qui donne un produit différent. Le thé noir a été fermenté, ce qui oxyde les molécules anti-cancer de la plante et détruit en grande partie leur pouvoir protecteur. C’est la raison pour laquelle les thés verts ont plus de vertus que les thés noirs.

Le thé contient des caté chines, des composés chimiques de la famille des polyphénols qui sont antioxydants. Les caté chines auraient plus particulièrement la capacité de bloquer l’angiogenèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la tumeur cancéreuse. Comme ces nouveaux vaisseaux apportent oxygène et nourriture pour la croissance de la tumeur, nuire à leur formation revient à empêcher la tumeur de croître. Ainsi, la consommation de thé vert constitue un mode de protection contre le développement du cancer. Le contenu en caté chines du thé varie en fonction du lieu de culture, de la variété de la plante, de la saison de la récolte ainsi que du procédé de transformation. En d’autres mots, tous les thés verts ne contiennent pas tous la même quantité de caté chines. On sait toutefois que, de façon générale, les thés verts japonais en contiennent plus que les thés chinois. Il est toujours préférable de se procurer des thés en vrac afin de pouvoir vérifier la qualité du produit (présence ou pas de tiges ou de pailles).

Pour ce qui est du cacao, des recherches récentes démontrent que, grâce aux flavonoïdes qu’il contient, le cacao est l’un des aliments qui possèdent les plus grandes propriétés antioxydantes, davantage que le thé et le vin. Pour en profiter, il faut choisir du chocolat noir à 70 % de cacao. Non seulement il est moins sucré que le chocolat au lait, mais il contient 3 fois plus de flavonoïdes. Malgré ses propriétés anti-cancer, le chocolat ne doit pas être consommé en grande quantité, car il reste très calorique une tablette de 100 g contient 600 calories!